Plagiat, propriété artistique et intellectuelle
«Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire : Ceci est à moi, …» (Jean-Jacques Rousseau)
Jean Janssis
>professeur en Sémiologie et atelier Photographie
Non ! Je recommence pour quelque chose de plus épidermique, de moins politiquement correct. Les droits d’auteur, la propriété artistique, ça me gratte, ça me gonfle, je vois rouge. D’ailleurs, même que je m’en tamponne (adapté d’un graffiti anonyme dans les toilettes du parking autoroutier de Metz, A31).
Et quand je vois rouge, je fonce ! Olé torero, ola matador ! (cris de la foule en délire, arènes d’Arles, Cocarde d’Or, juillet 2009). Prenons le taureau par les cornes !
Imitation, réécriture, copie, duplicata, pastiche, faux (curieux de constater que ce qu’on appelle un faux désigne généralement la copie la plus proche de l’original !), plagiat… (Le plagiat représentant apparemment la forme la plus répréhensible, et quelque part pathologique d’un phénomène complexe : le mimétisme). La liste est longue : calque, clone, reproduction, simulacre…
L’imitation de l’autre nous structure, nous construit ; marcher dans ses pas montre la route, trace les limites est indispensable à notre survie. Apprendre à manger, à marcher, à parler. Refaire et répéter. Ça commence au berceau : papa ! (chienchien, mèmaître, dadame, bobo, pipi, caca, cucul, quèquette, Jean-Jean), dans l’euphorie de la répétition, du redoublement, dans le plaisir et la liberté du babillage, dans l’abondance et le foisonnement syllabiques, oui oui, qui rassure notre inconsciente peur du manque, de l’absence, du vide (au cas où les choses viendraient à manquer) ; cf. de nombreux ouvrages sur la psychologie du langage.
Un jeune chien se comportera comme ses congénères plus âgés sans qu’ils aient rien à lui apprendre, instinctivement. L’homme, pourvu de conscience et animé d’un infini désir d’éternité, voudra façonner l’autre à son image, se prolonger à travers lui, s’y regarder comme dans un miroir. « Tu fais ce que tu veux, mais à ta place, je ferais comme ça ! ». Attention ! Danger ! Conflit d’autorité, abus de pouvoir ! Réplique !
Mon petit frère fait tout comme moi, ça m’agace. Mais je veux ses jouets ! Elles portent toutes les deux la même robe, elles se crêpent le chignon ! (Je vais t’en coller une : Mundir dans Kho Lanta, TF1, 2004). On est devenu grand, on ne veut plus se laisser faire, on revendique son identité, on se bat, on se débat pour elle. Oscillation permanente entre le groupe et l’individu, la ressemblance et la différence, le rejet et l’adhésion. On affiche les signes de notre personnalité qui, contradictoirement, sont autant de signes de ralliement, d’appartenance à un groupe (NIKE, iPod, iMac, iPhone, AUDI, BMW, 2CV, tenue vestimentaire, coupe de cheveux…), tout en nous donnant l’illusion d’être unique. Méfiance ! Autre débat.
Tout se fait, se dit, s’écrit, se peint dans la référence à ce qui précède. Tout texte lu devient PRÉ-TEXTE (Julia Kristeva, La révolution du langage poétique). Toute toile est pré-peinte, déjà enduite, nous ne faisons que remettre une couche. Et il en va de même pour toutes les productions humaines. Appliqué à la littérature, ce concept, cette notion appelé intertextualité est abordé en ces termes par Danièle Bajomée, professeur à l’Université de Liège, dans sa thèse de doctorat : ... tout texte n’est écrit que dans la référence à d’autres… toute écriture est lecture du corpus littéraire antérieur ou contemporain,… Et me voici pris d’une immense indulgence pour ces potaches à qui l’on a demandé un travail personnel et qui ne sont même pas capables de changer quelques mots, quelques lignes à leurs copiés/collés afin d’éviter les foudres professorales.
Le texte du roman, comme la photographie ou la peinture ne se réduit bien évidemment pas à des liens de filiation ou de parenté avec d’autres. La connivence des œuvres entre elles échappe bien souvent à leurs auteurs. Elle est dans l’air du temps. Avec des styles différents, les impressionnistes et les surréalistes se sont approprié une même et nouvelle façon de peindre et d’écrire, dont nous sommes aujourd’hui les héritiers. Idem pour le Pop Art, le Nouveau Roman…
Sans oublier la musique. Capital ! Essentiel !
Et les jeunes ont des millions de téléchargements gratuits d’avance !
Ce qui fait pour moi l’importance d’une œuvre, c’est ce qu’elle apporte au monde (bien plus qu’à son auteur). Et à ce titre il n’y a pas d’art majeur ou mineur. Et s’il vient d’être dit qu’elle ne naissait pas du néant, la création artistique se doit par définition (création = invention, naissance, commencement…) d’être en avant (même rien qu’un pas), elle précède, elle innove, elle invente d’autres usages, d’autres outils, d’autres techniques pour s’exprimer et ouvrir de nouveaux champs de conscience. S’intercalant entre le monde et nous, l’art est une façon de s’emparer du pouvoir (Picasso). C’est dans son originalité, c’est dans ce qui la rend unique, exceptionnelle, inimitable que l’œuvre d’art trouve sa part du feu, insaisissable et brûlante, incendiaire, dérangeante parce que justement nouvelle. Le rock, les Beatles. Mais oui, déchaînez-vous ! (vu à la TV, pub Canal.be, 2009).
Depuis qu’elle est devenue un produit de consommation, une marchandise (à noter que l’on ne parle plus de processus de création artistique mais de pratiques de consommation), l’œuvre d’art se décline de toutes les manières (reproductions, posters, cartes postales, rideaux de douche, sets de table…) et se trouve confrontée aux lois du marché y compris en termes de rentabilité, profit, spéculation. Elle participe à notre économie. Elle est business.
En matière de photographie artistique, les prix ont été multipliés par vingt ces dix dernières années et flambaient encore il y a peu. Et les mentalités s’échauffent. Prix de la rareté ou de la matière grise, je n’ai rien contre les sommes folles ou moins folles de tableaux de peintres célèbres ou moins connus, mais pour ma part, c’est plutôt anecdotique. De tout temps les rapports entre l’art et l’argent ont existé sous une forme ou sous une autre ; un tableau pour un souper, rentes, pension avec résidence, mécénat…
L’Antiquité ne distinguait pas l’original de la copie, et n’accordait pas plus de valeur à l’un qu’à l’autre. De la même facture et à s’y méprendre, un tableau d’un disciple de tel grand peintre de la Renaissance italienne ou flamande (Rubens) n’était pas taxé de contrefaçon.
Maîtres et disciples, professeurs et étudiants, transmission du savoir, travail de collaboration, partage, échanges, débats, défis, conflits. Nous sommes en première ligne et avons un rôle à jouer. Et j’ose ajouter pas trop institutionnel.
Aujourd’hui, à l’ère du star système, le plagiat, serait le crime parfait, commis avec préméditation ! Un vol ! Je préfère relativiser. Très relativiser, et positionner le plagiat sur le terrain qu’il occupe vraiment, celui de l’argent et de l’ego.
J’entends d’ici la litanie, je vois de loin le cortège des contre arguments larmoyants et vindicatifs à l’égard de ce texte que d’aucuns, d’aucunes et d’autres trouducunes (Frédéric Dard dans San Antonio, Béru Serrurier, peut-être) jugeront au nom des grands principes (les principes c’est comme les pets, ça finit toujours par se lâcher : Hubert Grooteclaes, Café des Carmes, Liège, décembre 1990), laxiste, permissif et irrespectueux du travail d’autrui. Qu’à cela ne tienne !
Pour ma part, j’ai voulu dire ce que je pense et expliquer pourquoi avec conviction. Avec humour, humeur, à vif, à rebrousse-poil, sans dogmatisme, sans avoir épuisé le sujet et sans clore le débat.
Ce texte n’est pas une fiction, toute ressemblance avec des faits
ou des personnages
réels ne serait pas pure coïncidence.
En cas de désaccord partiel ou total
avec le contenu et/ou la
forme de ces propos, vous pouvez déchirer cet article du journal.
Ce message s’autodétruira dans 30 secondes.
MAI
2012
M 01 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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Only you only me! La biennale de la photographie à Saint-luc!
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Big love au ciné-club
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Wer is Ernest ? Les 3èmes illustration au Curtius!
M 02 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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J 03 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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Only you only me! La biennale de la photographie à Saint-luc!
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V 04 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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Only you only me! La biennale de la photographie à Saint-luc!
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Wer is Ernest ? Les 3èmes illustration au Curtius!
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Ceci n'est pas qu'une chaise à l'Archéoforum
S 05 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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Ceci n'est pas qu'une chaise à l'Archéoforum
D 06 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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L 07 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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M 08 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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M 09 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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J 10 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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Ceci n'est pas qu'une chaise à l'Archéoforum
V 11 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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S 12 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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Deux étudiantes exposent au Madmusée
D 13 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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L 14 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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V 18 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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S 19 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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D 20 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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L 21 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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Deux étudiantes exposent au Madmusée
J 24 "Ma terre vague" Ludovic Demarche expose
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Focus
Exposition de fin d'année 2012
Toutes les sections ouvrent leurs portes pour présenter le fruit de leur travail.
Vernissage avec concerts de groupes locaux ( "les rois du macadam" et "Deux gars dans le jardin") le vendredi 22 dés 19h30 .
Samedi et dimanche accessible de 10h à 18h.
Exposition " Saint-Luc invite l'ACA" Une grande première !!!
Des travaux d'ateliers de masters de l'Académie des Beaux-Arts de Liège seront exposés dans la Galerie de l'Ecole du 2 au 30 mai prochains.
Infos pratiques:
Vernissage le 2 Mai dés 18h à la Galerie.
Galerie Saint-Luc
Blv de la Constitution 41
4020 Liège
Exposition accessible du 2 au 30 mai de 14h à 18h ou sur RDV au 04/3418193.
Entrée libre
